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Aude - « L’autisme nous oblige à évoluer, à penser autrement : c’est une ouverture de l’esprit »

Yeux bleus, cheveux blonds, verve haute et cœur large : moi c’est Aude. Franche, marrante, pas de chichi. Petite je passe mes mercredis après-midi au travail de ma mère. Elle est éducatrice spécialisée auprès d’adultes en situation de handicap intellectuel – dans son bureau on dessine tous ensemble. Ce monde, je le connais depuis toujours.

Après le bac je deviens monitrice-éducatrice. J’ai besoin d’être active, très vite, sur le terrain. Je commence dans un établissement qui accueille des enfants autistes. Je pense tout de suite « non, c’est trop dur ». Les troubles du comportement à l’époque me font peur. Une superviseuse québécoise m’accompagne, c’est la « Dr House » de l’autisme. Elle désamorce les situations en quelques minutes. J’apprends et je prends confiance. Sept ans plus tard, je suis éducatrice spécialisée.

Mon rêve se réalise quand j’intègre un SESSAD (Service d’Éducation Spéciale de Soin à Domicile). Je travaille au plus près des familles et des enfants, au cœur de leur quotidien. Depuis quatorze ans j’évolue au sein d’Autisme en Île-de-France. C’est une association exigeante qui croit en nos compétences. Je suis aujourd’hui coordinatrice ressource – un poste sur mesure. Je forme, j’encadre, je sensibilise.

La formation CST est une chance. Elle est accessible, compréhensible, pragmatique. Elle prend en compte les besoins concrets des familles et assouplit nos postures parfois trop rigides. Nous voulons déployer le programme deux à trois fois par an, dès 2026. Et mélanger des familles en attente et celles du SESSAD. Leur offrir un espace pour souffler, partager et tisser des liens.

Je remercie Naked Heart France pour son énergie et son engagement. Quelle aventure géniale ! Grâce à la Fondation et au projet One Team, l’un de nos jeunes est entré sur la pelouse du Parc des Princes, la main dans celle d’un joueur du PSG. C’était l’ouverture d’un match, des milliers de personnes dans les gradins. Il s’en souviendra toute sa vie. Son père aussi. Moi aussi – j’en ai eu les larmes aux yeux.

Quand je vois les évolutions de certains enfants, je sais pourquoi je fais ce métier. Je pense à ce garçon passionné par la RATP qui est devenu… Youtubeur ! Il a appris tout seul à filmer, monter, flouter les visages, à parler aux chauffeurs. Chaque victoire est un espoir. Chaque pas compte.