Aurore - « Mon métier a du sens : aider ceux qui en ont besoin »
Je suis une tête chercheuse, passionnée et alignée - je m’appelle Aurore. Ma curiosité est incassable. La rencontre, l’échange, le partage, j’en ai besoin pour avancer.
Je débute ma carrière dans un hôpital de jour à Paris. A cette époque, en France, l’autisme est encore perçu comme une fatalité. Je découvre une approche comportementale et structurée, venue d’outre-Atlantique. C’est une petite révolution et un bouleversement de ma vision du soin. Les progrès des enfants sont réels, tangibles, mesurables. Je pars à Lille vers la seule université où elle est enseignée. Je deviens psychologue spécialiste de cette approche.
Je voyage pour nourrir ma pratique. En Guyane, le terrain m’enseigne l’humilité. Là-bas mon référentiel ne me sert à rien ; j’interroge ma position de « sachant ». Je m’appuie sur la culture locale, les équipes et les familles pour trouver des stratégies pertinentes. Je repense à ce jeune garçon qui n’arrivait pas à traverser le fleuve en pirogue pour aller à l’école. On a observé, cherché, expérimenté : il a traversé.
Depuis onze ans je travaille à l’AFG avec le même élan. C’est une structure ouverte à l’innovation, qui a une réelle vision associative. La formation est continue, les connaissances sont mises à jour. Je fais évoluer mes pratiques pour qu’elles soient toujours plus éthiques, novatrices et bienveillantes. C’est ma façon d’habiter mon métier.
La formation CST m’a fait comprendre l’importance de l’empowerment, ce sentiment de compétence parentale. Aider les parents à agir à partir de leur routine quotidienne, sans matériel spécifique ni préconisations directives. Le programme rappelle aussi la nécessité pour les mères et les pères de souffler. De prendre soin d’eux. Beaucoup sont épuisés, démunis, parfois en burn-out. Je tiens à remercier Naked Heart France pour son engagement. Il est rare. Il est profond. C’est une chance précieuse pour les familles, et pour nous les soignants. Tant reste à faire.
À l’école, il y a urgence. Les AESH et les enseignants doivent être formés par des experts. Les adaptations ne peuvent plus attendre. La société entière a besoin d’être sensibilisée à ce qu’est l’autisme. Il manque des aménagements matériels et logistiques mais surtout, un regard plus humain sur les personnes TSA. Les parents nous parlent beaucoup de ça, de la honte et des yeux qui jugent – dans la rue, au supermarché, partout. De la souffrance quotidienne que ça fabrique. Il est temps de créer des ponts, d’ouvrir des portes et de rendre le monde plus habitable –tous ensemble.