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Erika - « Voir qu’on a un impact réel dans la vie d’une personne, ça change tout »

Mon sourire élargit le monde. La rencontre est mon aventure. Moi c’est Erika et je suis mexicaine. À vingt-cinq ans la vie c’est l’amour - il est français. Je quitte ma famille, mon pays, tout ce que je connais.

Un avion plus tard, me voilà à Paris. J’accueille une langue, une autre culture. Je m’inscris à la fac, en master psychologie de l’enfant et de l’adolescent. Mon premier stage, je le fais auprès d’enfants autistes. C’est immédiat, ils me fascinent. 

Samy, c’est le premier enfant que j’accompagne. Il a cinq ans, des troubles sévères du comportement, il est non-verbal. Il se cogne, son petit visage en porte les traces. Il m’apprend à écouter, chercher, à m’adapter. Il m’enseigne la patience et la persévérance. Chaque petit progrès, chaque microévolution est une victoire. Un jour sa mère me pose une question qui me transperce « Erika, tu penses qu’il sait que je suis sa maman ? » Qu’est-ce qu’on répond à ça ? Je prends conscience du combat quotidien des parents, de leur besoin fondamental de connexion. Les soutenir m’apparaît essentiel.

On ne peut pas demander à des parents de devenir thérapeutes. En revanche, on peut les aider à se sentir capables, légitimes, confiants dans leur rôle. Le programme CST est génial pour ça : il est facile à comprendre, réaliste et pensé dès la petite enfance. Il reconnaît aussi le stress parental et ses conséquences – l’usure, l’épuisement, le burn-out. Comment prendre soin de son enfant sans prendre soin de soi ? La valeur de cette formation est immense. Je remercie Naked Heart France pour son dévouement. C’est une association qui change concrètement la vie des enfants, des familles et des aidants. 

Aujourd’hui je vis à Bordeaux. Je suis rattachée à deux structures, Maia et Agir et Vivre l’autisme. J’encadre des équipes éducatives et j’interviens dans des établissements. Je conçois et anime des formations. J’accompagne des parents. J’aime profondément mon métier. Il est gratifiant. Je n’oublierai jamais cette maman qui m’a dit un matin « Erika, pour la première fois, ma fille m’a fait un câlin ». Sa fille avait quinze ans. Ça me rappelle que je suis exactement là où je dois être.